Avons-nous du temps pour développer les compétences dans le non-marchand ?

18 mars 2016

Pourquoi n'avons-nous pas (assez) de temps pour la gestion des compétences?

Les participants ont relevé 4 catégories de causes de l’absence de temps :

  • Un manque de vision collective : comment nos valeurs et nos missions se traduisent-elles concrètement sur le terrain ? Quels sont nos objectifs communs ?

  • L’impression de ne pas pouvoir agir, faute de moyens. Beaucoup de services sont dominés par les contraintes récurrentes du secteur : pression administrative et financière, horaires de travail, précarité de l’emploi…

  • Les réticences par rapport à la formation : il faut chercher les formations adéquates, sans budget, trouver de nouveaux formats d’apprentissage… Cela demande de l’énergie.

  • La peur de se lancer. Insuffler une dynamique de formation continue signifie sortir de sa zone de confort et se poser des questions parfois ardues : pour quoi allons-nous le faire ? qui va le faire ? quand ? comment ?

 

Qu’est-ce qui se passerait si nous ne nous occupions pas de nos compétences ?

Les scénarios-catastrophe ne nous ont pas épargnés : inégalités entre les travailleurs, démotivation, burn-out, retour en arrière avec perte du professionnalisme, service inadéquat jusqu’à certaines formes de maltraitance envers les bénéficiaires, perte d’agrément, faillite… La conviction de l’importance de prendre les compétences à bras le corps est là !

 

Alors, quelles pistes d’actions pour se lancer ?

Un conseil avant tout : la technique du 1er pas ! Ne pas voir la tâche en un seul morceau mais la découper en sous-étapes.

 

De multiples actions ont été proposées pendant l'atelier et il y en a encore d’autres ! En voici déjà pas mal en vrac mais le travail est maintenant de déterminer celles qui sont adaptées à votre situation et de les prioriser… au risque de se décourager de nouveau par le temps !

 

Assurer les assises de la gestion des compétences

  • Construire l’appui institutionnel (CA-direction-représentants des travailleurs-travailleurs)
  • Intégrer le développement de compétences dans nos fondements, nos objectifs (ex. le plan qualité)
  • Formaliser le rôle de référent-formation
  • Mettre en place un groupe de pilotage
  • Organiser des lieux clairs de prises de décision
  • Investir dans l’humain : construire la communication,la confiance, la solidarité; donner de la reconnaissance, offrir des pistes; engager du personnel jeune avec plan de formation.

 

S'organiser !

  • Prévoir un temps d’arrêt avec plan d’action à la clé
  • Calculer objectivement la charge de travail à accorder au développement de compétences et prioriser : faire des choix, et les poser dans l’agenda
  • Développer nos compétences et outils en gestion des compétences : demander à ceux qui connaissent, faire des recherches internet, lire, participer à des rencontres, des ateliers, formations...
  • Optimiser la formation : organiser le transfert des acquis et faire remonter les besoins spécifiques vers les opérateurs, les Fonds, les partenaires sociaux
  • Quelques ressources : Toolbox, Formapef, les Fonds sociaux, les compétences en interne, notre réseau, externaliser certaines tâches, le service conseil de competentia :)

 

Et pour terminer... les trucs et astuces et dernières choses à retenir

  • Comprendre que le développement de compétences se travaille de manière continuée
  • Bien définir les rôles et ne pas faire tout tout seul
  • Trouver des ressources internes et externes
  • Apprendre à savoir dire non, à s’aménager des plages horaires et les respecter (ou au pire les déplacer dans l'agenda)
  • Etape par étape, on franchit la « forêt obscure ». Se rendre compte que si je n’arrive pas à m’y mettre, c’est qu’il me faut fixer plus d’étapes
  • Il est essentiel de se sentir compétent pour travailler…. Si l’on se sent moins compétent, on se sent en insécurité professionnelle… ce qui explique pas mal de résistances!

 

Merci à Barbara Flandroit et à l'ensemble des participants à ces ateliers!

Retour des 1ers ateliers competentia de l’année à Liège, Namur et Bruxelles, animés par Barbara Flandroit du CEFORM.