Quelques trucs pour optimiser vos brainstorming

22 juin 2015

Un nouveau projet?  Vite, réunissons l’équipe et lançons un “brainstorming”. Mais d’où nous vient cette croyance fort répandue : « asseyons-nous autour d’une table et les idées vont tomber du ciel… » ? L’objectif de faire émerger des idées novatrices collectivement ne s’improvisent pas.  Nous vous invitons à imaginer la solution la plus adaptée à votre structure.

Nous avons tous vécu la situation.  Nous voici invités à une réunion pour « innover », « lancer un nouveau projet suite à l’appel d’un pouvoir public » ou « inventer de nouvelles animations pour les stages d’été ».  Le tableau blanc à droite et même des sucreries à gauche, c’est dire l’importance du moment.

Deux heures plus tard, l’assiette est vide et chacun se regarde dans le blanc des yeux, toujours à la recherche d’une idée un peu réaliste ou d’une manière d’atterrir.

Différentes explications

Une première raison est que notre cerveau reste très attaché à la première idée émise.  Un réflexe est de tenter à tout prix de la mettre en œuvre ou de s’en servir comme étalon pour les idées émises par la suite.  Elle peut donc conditionner tout le reste de la discussion.  Certains auront peur de faire des propositions qui paraissent moins élaborées mais qui auraient pu constituer une base pertinente pour un développement collectif.

Une autre explication tient dans la difficulté à prendre une position critique dans un groupe.  Il y a une volonté d’éviter le conflit et cette peur de passer pour le grognon de la troupe.  Souvent, cela se combine avec le tempérament de certains à prendre/mobiliser la parole et d’autres qui ne sont moins à l’aise avec ce moyen de communication.

A cela, s’ajoute en général la crainte de jugement et le stress du moment.  Certes, « on ne meurt pas du ridicule » mais la crainte de dire une bêtise en rend muet plus d’un.  A l’opposé, la bienveillance du groupe pourra aussi amener celui-ci à passer beaucoup de temps sur des idées saugrenues afin de ne pas décourager un tel d’intervenir.

Enfin, l’exercice peut créer du stress.  Etre créatif sur commande, durant les x minutes à venir n’est pas l’environnement le plus pertinent pour tous.

Différentes pistes pour agir autrement

Il ne faut cependant pas renoncer à brainstormer.  Mais il existe, si pas une recette magique, des moyens pour le rendre efficace

  • Ne pas cherchez directement « la » bonne idée permet de bénéficier de l’expertise d’un plus grand nombre en leur donnant l’opportunité d’apporter leurs savoir-faire  sur une partie d’un processus plus large.
  • Développez étape par étape les pistes émises : les bonnes idées tombent rarement du ciel, toutes faites.  Construisez vos idées pas à pas, en vous basant sur différentes petites contributions.  Les bonnes idées viennent souvent d’interconnections, des combinaisons originales qui font progresser le tout.  Cela permet aussi de tester différentes interactions et de mettre de côté une hypothèse sans renoncer à toute la construction.
  • Utilisez des analogies : il n’est pas toujours nécessaire de réinventer la roue.  N’hésitez pas à faire appel à des expériences vécues et à les adapter à votre cadre d’actions.  Faire usage de métaphores, d’images peut aussi les autres à se connecter à vos idées, à comprendre ce qui se passe dans votre tête.
  • Donnez-vous le temps : sacraliser le moment et le lieu dans lequel l’idée doit tomber du ciel peut être contreproductif.   Lancer une discussion dans un moment plus informel, au sein de groupe plus petit est aussi porteur.  Les travailleurs se sentent plus à l’aise, libre de s’exprimer et d’obligation de résultat.  Ces rencontres informelles peuvent faciliter une rencontre avec un plus grand groupe dans lequel les idées imaginées en plus petits groupes seront partagées, enrichies et combinées.
  • Annoncez la couleur avant : ne gardez pas secret l’objet du brainstorming.  Avertissez tous les participants de l’objet et invitez-les à y penser auparavant, voir à noter leur idées sur papier.  Cela permettra de réduire la peur de la page blanche ou celle de dire une bêtise, sans avoir eu le temps d’y réfléchir.  Cela offre aussi la possibilité de se concentrer sur les propositions des autres plutôt que sur le besoin de trouver quelque chose à dire au moment de la réunion.

Bref, un brainstorming est une démarche qui se prépare.  Elle demande d’être attentif à l’expression de chacun (respect de l’autre, du temps de parole…) et gagne à être structurée.

Certains outils sont fournis par competentia afin de vous aider mettre en œuvre ce moment de partage, de mobilisation d’une équipe autour d’un projet.

N’hésitez pas à nous faire part de vos pratiques et à nous signaler des outils que vous avez expérimentés.