Le fleuve de vie
À quoi sert-il ?
Connaître le cadre institutionnel
Quand l'utiliser ?
Intelligence collective
Quel format ?
Methode

En bref

Outil de co-construction pour examiner, de façon rétrospective et graphique, son parcours individuel dans l’association, l’évolution de l’association ou la mise en place d’un processus. C’est l’occasion de prendre du recul et de poser un regard critique sur la manière dont chacun·e a réagi individuellement et s’est inscrit·e dans l’action collective de l’association.

Aperçu

Pour quoi
Donner une représentation graphique du chemin parcouru et permettre d’identifier comment une personne, une institution ou un projet s’est adapté à son environnement
Pour qui
Toute personne ou groupe qui souhaite interagir à travers un outil de représentation symbolique
Quand l'utiliser
: Lors de l’évaluation d’un projet, pour partager un récit ou encore identifier les processus mis en place par la structure. Il peut servir à identifier l’histoire d’une institution avant de lui re-définir une mission ou une vision
Nombre de participant·e·s
De 1 à 15
Durée
Entre 1h30 et 2h, en incluant un temps de debriefing
Matériel
Une grande surface (un A3 ou une nappe en papier), des marqueurs, de la peinture et tout ce qui vous aide à représenter la vie d’un fleuve

Il existe deux options principales, chacune apportant des réponses à des objectifs spécifiques.

  • La première est de dessiner ensemble le fleuve. Il s’agit donc d’une construction collective au cours de laquelle se déroule en même temps des échanges et le dessin du fleuve luimême. Les participant·e·s s’accordent sur les événements à intégrer dans le fleuve et sur la manière de les représenter ; en ressort donc une image consensuelle. Ceci implique que les personnes se trouvent dans une situation de confiance et aient vécu ensemble tout ou une partie du moment représenté.
  • La seconde option est de dessiner individuellement un fleuve. Cela donne une image multiple de la réalité partagée, ainsi qu’une plus grande liberté dans la construction du fleuve (certains ayant une approche très réaliste, d’autres proposant une production dans laquelle le fleuve n’apparait que de manière symbolique). Cela permet un positionnement individuel et implique alors un moment de présentation des différentes productions.

Voici les étapes-clés pour la mise en place des deux options :

  1. Définir une période pertinente en fonction de l’objectif poursuivi
    Par exemple, s’interroger sur le contrat-programme de ces cinq dernières années ; ce qui n’implique pas de se remémorer toute la vie de l’association depuis sa création en 1938 !
  2. Donner les consignes
    Les consignes pour réaliser un fleuve de vie sont :
  • Représentez par un dessin les moments clés qui, selon vous, ont marqué la période. Evitez d’écrire, ou seulement des onomatopées, et d’expliciter oralement ce que vous êtes en train de dessiner. Favorisez le silence. Il y aura par la suite un moment de débriefing.
  • Utilisez la symbolique du fleuve de vie en utilisant toute la créativité qui est en vous ! N’hésitez pas à utiliser de moyens de représentation variés : des couleurs, des éléments naturels (feuilles d’arbre) ou moins (des bouchons plastiques).
  • Pour faciliter le lancement de l’activité, posez des questions telles que : « Avez-vous rencontré des embûches ? », « Avez-vous bénéficié d’aide, de ressources ? », « la vie au sein de la structure a-t-elle été un long fleuve tranquille ? Y a-t-il eu des moments plus rapides, d’autres plus calmes, du tumulte ? », « Pensez à l’origine ? Comment la symboliser ? Une source qui jaillit ? La rencontre de deux rivières ? », « Y a-t-il eu des changements de direction ? », « Comment imaginez-vous le fleuve dans l’avenir ? ». Bref, toute une série de questions qui aident à transposer les événements vécus dans un univers symbolique.
  1. Représenter le fleuve
  2. Mettre en commun
    Présenter les productions si chacun·e a réalisé son dessin en explicitant les différents passages.
  3. Débriefer
    Un moment de retour pour une synthèse des différents apports de chacun·e et pour partager les ressentis et émotions vécues pendant la réalisation du fleuve et lors de la mise en commun.
    Quelques questions peuvent aider à lancer ce moment : Qu’est-ce qui est chouette dans ce fleuve que nous avons construit ensemble ? Qu’avons-nous découvert de nouveau (au niveau individuel et au niveau collectif)? Quelle analyse critique pouvons-nous en faire ? Y a-t-il quelque chose à modifier suite à cette analyse critique ?
  4. Résumer 
    Un moment de synthèse et de transition vers un plan d’actions, notamment si la consigne impliquait de symboliser le futur de l’association ou si le débriefing a abordé cette question. L’important est de ne pas perdre la richesse des échanges.
    Une attention peut être portée aux récurrences et aux similitudes, ainsi qu’aux solutions apportées individuellement et collectivement. Ils sont significatifs de la culture développée par la structure.
  5. Remercier
    Prendre le temps pour observer et vous féliciter du travail réalisé ; par exemple à travers un moment de silence partagé autour du ou des fleuves, ou par un tour de table au cours duquel chacun·e souligne l’apport spécifique de ses voisins à tel ou tel moment symbolisé sur le papier, ou encore en datant et de signant l’œuvre réalisée en commun.

Les trucs pour réussir ?

  • Veillez à instaurer un climat de bienveillance, de confiance et de respect. Tout le monde n’est pas habitué à travailler avec des symboles. L’expression créative et artistique permet, a contario, à ceux qui prennent moins facilement la parole de s’exprimer plus ouvertement.
  • Mettez l’accent sur l’écoute pour favoriser l’expression de chacun·e. Le but n’est pas non plus de faire une thérapie collective et de transformer l’exercice en « instant psy ».
  • Mettez le fleuve à toutes les sauces : crise ou moment de confiance, l’outil est utilisable pour les deux moments. Dans une situation de crise, un·e accompagnateur·trice permettra une expression libre et des moments d’échanges constructifs.
  • Veillez au respect des différents temps de travail : l’animation se concentre sur les moments de travail individuel, de mise en commun et de débriefing. L’animateur·trice gère le temps d’expression de chacun·e et distribue la parole.
  • Gardez la mémoire du travail réalisé : le rôle de rapporteur ou de scribe est essentiel.
  • Jouez : cette activité met en avant les représentations symboliques et la création. Veillez à fournir suffisamment de matériel et laissez les esprits vagabonder. Certains introduiront de la 3D en allant chercher des feuilles mortes, de l’herbe ou des bouts de bois pour symboliser un marais, une prairie ou un banc. D’autres rempliront la feuille d’un mixte de couleur dans lequel berges, eau, barrages, ciel et terre se confondront. Pour un dessin en commun, la nappe blanche est un support pratique car on peut la dérouler en fonction de l’espace nécessaire à la réalisation du travail collectif.
  • Respectez : un fleuve est très personnel. Si chacun·e réalise son fleuve, laissez-lui le choix de montrer ou pas sa réalisation. Si une personne souhaite ne pas la montrer, invitez-la cependant à expliquer les éléments qu’elle a représentés ; ils pourront ainsi enrichir le débriefing.
  • Last but not least, veillez à limiter le nombre de participant·e·s pour laisser le temps de parole nécessaire à la mise en commun et au débriefing. Jusqu’à 6-7 personnes si tout le monde réalise un fleuve ; jusqu’à une quinzaine pour un dessin commun.

Et après ?

L’après fleuve de vie dépend du contexte dans lequel vous l’avait fait et des objectifs poursuivis.

Il peut servir à lancer un processus d’évaluation avec des personnes plus à l’aise dans un environnement créatif ou représentatif. L’évaluateur·trice aura alors pour rôle de faire les liens avec un éventuel questionnaire et de piocher dans le débriefing des éléments de réponse aux différentes questions. Le fleuve sert alors de fil conducteur pour amorcer le dialogue.