Le non-marchand, un acteur de poids

17 mai 2018

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La Fondation Roi Baudouin, en collaboration avec l’Institut des comptes nationaux, a publié une étude sur le poids économique du secteur des institutions sans but lucratif (ISBL[1]).

Les principaux enseignements des éditions précédentes sont confirmés : un secteur en forte croissance tant en termes de production de richesse que d’emplois.  C’est aussi un secteur peu lisible et ayant un champ large d’actions, et ce même si les branches « santé humaine » et « action sociale » prédominent.

Quelques chiffres…

Les données datent de fin 2014[2] et couvrent près de 18 800 isbl ayant au moins un·e travailleur·euse salarié·e et/ou déposent leur bilan auprès de la Banque National de Belgique.

Par rapport à 2009, quelques données clés sont :

  • la part dans la valeur ajoutée brute totale de l’économie est passée de 5.8 % à 6.1%
  • la part dans l’emploi salarié est passée de 11.3% à 12.3%
  • la part de la rémunération du secteur dans l’ensemble de l’économie est passée de 9.1% à 9,8%.

 

…qui nous racontent…

Il ressort plusieurs points d’attention.  Nous en mettrons trois en avant.

Premièrement, le non marchand reste un réservoir d’emploi.  L’investissement dans le capital humain y est majoritaire, même si le temps partiel y est une tendance qui se confirme.  Ainsi, la croissance annuelle moyenne de l’emploi entre 2009 et 2014 y a été de 2.1% pour 0.4% dans le reste de l’économie.

Ensuite, son dynamisme économique est plus important que celui du reste de l’économie.  Cette hausse de la valeur ajoutée des ISBL fait que leur poids progresse dans l’économie nationale.  Ceci est vrai aussi pour l’investissement, celui-ci étant deux fois plus important (6.3%) dans le non marchand que dans l’économie totale.

Enfin, la forte diversité au sein du monde des isbl est une réalité.  Elle se traduit par une certaine difficulté à catégoriser les champs d’activités.  Ainsi, le plus grand champ repris par l’Institut des comptes nationaux est avec 37.2 % « autres activités de service ».  Ce champ regroupe des partis politiques, des syndicats, des organisations de jeunesse ou encore les associations pour l’environnement.  Cette diversité se manifeste aussi en termes :

  • de valeurs produites et investies
  • des taux de croissance de la valeur ajoutée
  • de l’importance de la main d’œuvre dans la composition des coûts de production.  Ainsi, si près de 81% des coûts sont investis dans le salaire dans l’« action médicosociale », ce ratio tombe à 50% dans la « santé humaine » et les « arts, spectacle et activités récréatives ».

L’analyse met aussi en avant un ensemble de réalités sur les dépenses et les ressources.  Il y a également un focus sur les caractéristiques de l’emploi.  La principale, mise en avant également par lenonmarchand.be, est l’importance du temps partiel, avec un volume d’heures prestées annuel moins élevé que dans le reste de l’économie blanche. 

 

… un mouvement de fond à accompagner

N’hésitez pas à lire la cinquantaine de pages que compte cette étude.  Cette lecture vous apportera aussi des informations sur l'origine des ressources, les charges financières ou encore la répartition régionale des ISBL.

Il apparait en tout cas que le secteur intègre de nombreux·euses nouveaux·elles travailleur·euse·s.  Ce besoin d’intégration sera renforcé par le vieillissement de la cohorte de travailleur·euse·s du secteur. Le remplacement d’une génération entrée en fonction lors de l’essor du secteur est en cours ou à l’ordre du jour des prochaines années dans de nombreuses institutions. Ceci implique donc de prendre soin des processus d’accueil, quel que soit l’âge ou l’expérience de ces collaborateur·rice·s.

Cela suppose aussi dans les structures dont le nombre d’ETP augmente d’ajuster le mode de fonctionnement.  Les interactions mais aussi les réalités logistiques et administratives nécessitent des outils adaptés pour permettre la mise en œuvre de la mission.  Ceci vaut aussi pour les outils de gestion de compétences.  C’est pour cela que les Fonds de formation invitent toutes les structures, petites ou grandes, à initier une politique de formation concertée et à long terme. Et quand vous vous lancez dans ces processus, n’oubliez pas que competentia vous accompagne à travers la mise à disposition d'outils et un service-conseil.

A bon entendeur…

 

 


[1] Concrètement, cela couvre l’ensemble des ASBL, les fondations, temporels du culte, syndicats, unions professionnelles et les partis politiques. Les organisations publiques sont exclues et seules les ISBL qui occupent des travailleur·euse·s salarié·e·s et/ou déposent leurs comptes annuels à la BNB sont prises en compte.

[2] Une mise à jour sera faite en 2019 avec des données pour la période 2014-2016.