Mieux vaut prévenir que guérir

17 janvier 2019

Le burn-out est une réalité malheureusement bien ancrée dans le monde du travail.  Des actions peuvent être mises en place pour le prévenir.

Découvrez les différents types de préventions au burn-out et un projet développé par l’APEF. 

Vous avez dit prévention ?

Le burn-out est une réalité malheureusement bien ancrée dans le monde du travail contemporain.  Le secteur non marchand n’échappe pas à ce phénomène comme l’explique Pascal Chabot dans son livre Global burn-out [1].

Le SPF Emploi le définit comme « un état d’esprit négatif persistant lié au travail, chez des individus « normaux », qui est caractérisé par de l’épuisement, un sentiment d’inefficacité, une démotivation et des comportements dysfonctionnels au travail. Cet état d’esprit n’est souvent pas remarqué par le travailleur pendant un long moment. Il résulte d’une différence entre les intentions et la réalité du travail. Souvent, les travailleur·euse·s entretiennent cet état d’esprit par des stratégies d’adaptation qui sont inefficaces [2]».

Pour l’éviter, des actions peuvent être mises en place.  Leur but est de prévenir des risques, d’éviter des dommages ou de les limiter par des mesures prises au niveau de l’organisation dans son ensemble, au niveau d’un groupe de poste de travail ou de fonctions, ou au niveau de l’individu.

Il s’agit, par une intervention en amont, de trouver un équilibre entre les exigences d’un travail - en termes de temps de prestation, d’investissement physique - et les ressources mises à disposition pour effectuer la tâche demandée par le travail.  Cela peut se traduire par une diminution des exigences professionnelles (une réduction ou une meilleure répartition de la charge de travail, par exemple) ou une augmentation des ressources professionnelles (accroissement de l’autonomie, participation à la prise de décision, processus de reconnaissance…).

Trois grands types de préventions identifiés :

  • primaire (élimination des dangers). Exemples : éliminer les surcharges importantes et fréquentes de travail et les objets dangereux à portée de bénéficiaires à risques ; organiser la rotation du personnel de première ligne à l’accueil; 
  • secondaire (limitation des risques) : organiser des groupes ou espaces de parole pour la charge émotionnelle; prévoir des casques anti bruit dans certains endroits ; nommer une personne de confiance; permettre (en particulier avec des personnes handicapées vieillissantes) de varier le travail; organiser un accompagnement d’équipe; mettre en place le plan de formation pluriannuel et concerté; élaborer des descriptions de fonction;
  • tertiaire (limitation des dommages) : organiser un accompagnement après une agression; informer les travailleurs des procédures dans les cas de harcèlement; remplir le registre de faits de tiers et mettre en place des procédures définies en concertation.

L’action des Fonds         

A travers des projets comme l’abbet.be, competentia.be ou encore parcours-professionnel.be (disponible à partir du 1er mars), les Fonds favorisent la prévention. 

Le bien-être est la raison d’être de l’Association Bruxelloise pour le Bien-être au Travail (ABBET).  Via son site, www.abbet.be, elle fournit de l’information accessible à tous et toutes.  Elle offre aussi, pour certaines structures, de la formation, de l’intervision entre conseiller·ère·s ainsi que des interventions pour de l’analyse de risque. 

Competentia.be et parcours-professionnel.be se concentrent sur la prévention primaire.  En effet, à travers les outils fournis, ils permettent aux individus et aux structures de développer une stratégie efficace et durable.  Ainsi, collectivement et individuellement, chacun·e s’y retrouve en fonction de la place qu’il·elle occupe.  Cela passe notamment par des processus de développement et de gestion des compétences clairs tout au long de la carrière (avec par exemple, des plans de formation, des mécanismes de reconnaissance ou encore des descriptions de fonction).

Un projet spécifique

L’Apef a répondu à un appel à projet du Conseil National du Travail [3].

Sa proposition se décline en 4 points :

  • la sensibilisation des associations à la question du burn-out et de sa prévention primaire
  • le développement de mesures de prévention adaptées aux réalités des structures via des accompagnements d’équipe
  • le partage de pratiques dans des groupes de travail
  • une étude et des recommandations.

Concrètement, cela donne…

Des accompagnements dans les associations, un partage de pratiques, des groupes d’échanges entre associations et accompagnateur·trice·s : telles sont les différentes actions qui seront mises en place.

Le projet est construit autour de 4 moments :

  • deux séances d’informations qui seront organisées les 29 et 31 janvier, à Namur et à Bruxelles
  • une douzaine de bourses d’une trentaine d’heures entre avril et octobre 2019.  Les accompagnements seront centrés sur une problématique source de burn-out : le sens/le contenu du travail, de l’organisation du travail ou des relations interpersonnelles. Ils seront menés, en accord avec les organes de concertation, par une des 4 structures sélectionnées par l’APEF dans le cadre de l’appel à projet du CNT.
  • deux groupes de travail, l’un rassemblant les associations bénéficiant d’un accompagnement, l’autre regroupant les accompagnateurs.  L’objectif est d’échanger sur les difficultés rencontrées, les pistes de travail envisagées, les outils utilisés et de pouvoir analyser l’impact de la prévention primaire de manière transversale.
  • une chercheuse suivra tout le processus afin de publier un rapport, fin novembre 2019, construit autour de trois axes : les constats, les pistes de prévention mises ou à mettre en œuvre et des recommandations. Ces recommandations seront diffusées auprès de l’ensemble des organisations des secteurs afin de faire profiter un grand nombre d’associations de l’expérience vécue par ceux et celles qui auront bénéficié d’un accompagnement.

Intéressé·e ?

Les structures relevant des Fonds MAE et ASSS (332 : milieux d’accueil de l’enfance et aides sociales et des soins de santé), ISAJH (319 : établissements et services d’éducation et d’hébergement) et F4S (socioculturel et sportif) peuvent prendre une part active aux trois premiers moments. 

Pour les découvrir plus en profondeur, vous êtes invités aux rencontres organisées à Namur et Bruxelles les 29 et 31 janvier. Toutes les informations se trouvent sur le site de l'Apef.

Le projet y sera présenté. Les associations pourront y manifester leur intérêt et recevoir toutes les informations afin de remplir le - court – dossier de candidature.  Douze associations seront sélectionnées afin de créer un ensemble cohérent et représentatif des réalités du secteur.

Au plaisir donc de vous y rencontrer.

 


[1] Qui a inspiré le documentaire Burning out de Jérôme Lemaire, qui a suivi pendant deux le travail d’une unité chirurgicale d’un hôpital parisien