S'adapter et (se) respecter...

27 mars 2020

arbre ombre

Cette période de coronavirus impose un peu partout et dans notre secteur aussi l’adaptation et la créativité ! L’élargissement voire la généralisation du télétravail dans certaines structures en est un exemple.

L’objectif de cet article est de partager quelques éléments autour de ce mode d’organisation du travail isolé, en particulier durant cette période inédite.

Des réalités diverses

Tant au niveau privé que professionnel, chacun·e doit s’adapter durant cette période de confinement et devant l’organisation des activités professionnelles chamboulées. Le télétravail est l’une des mesures préconisées par le Gouvernement ; or, l’expérience et la législation en la matière dans notre secteur sont à géométrie variable. Certaines structures ont déjà ancré cette pratique depuis longtemps et sont logistiquement au point. D’autres l’autorisent dans certaines circonstances ou pour certaines fonctions seulement. D’autres n’ont jamais mis ce système en place !

Les modes de gouvernance, le « contrôle » et « l’autonomie » des travailleur·euse·s, le management par objectifs, la conciliation vie privée vs vie professionnelle, opportunité vs obligation sont autant d’éléments propres à la culture de l’entreprise et qui font du télétravail un sujet de longs débats en temps « normal ».  Il y a les « pour » et il y a les « contre ». Il y a du « pour » et du « contre ».

Quelle que soit la position habituelle des institutions, le contexte actuel requiert de l’encourager et les discussions ne sont plus à entamer !

Dans cette situation d’urgence, pour les associations qui y sont le moins habituées ou préparées, il semble impératif de veiller à la situation personnelle des travailleur·euse·s qui peuvent/doivent y avoir recours. En effet, certain·e·s ont des espaces privés qui se prêtent plus que d’autres à la réalisation de tâches professionnelles à la maison. Certain·e·s doivent gérer simultanément une garde à domicile d’enfants, ce qui mobilise temps, créativité et énergie. Parfois, un conjoint·e est d’avantage mobilisé·e qu’en temps normal par son travail parce que justement en première ligne dans la lutte contre le virus. D’autres encore se retrouvent complètement isolé·e·s. Enfin, il y a des métiers qui sont plus dans l’interaction que d’autres ou des tâches qu’il est plus ou moins difficiles de réaliser seul·e à la maison.

Bref, il y a autant de situations de télétravail dans un contexte « imposé » que de travailleur·euse·s. Il est important pour l’institution de reconnaitre cet état de fait et d’être aussi inventive/flexible que possible pour pallier au manque de collaborations directes ou pour rechercher des tâches appropriées.

Assumer une position institutionnelle

Il est important de réfléchir une communication institutionnelle claire et bienveillante.  Elle reflétera en effet l' attention que porte la structure à ses travailleur·euse·s et ses bénéficiaires. Pour ce faire, prenez le temps de bien penser les mesures et les règles à adopter ; évitez les situations de confusion.

Ainsi, une communication sur le fait de suspendre une activité/un service implique:

  • que la structure lutte à son niveau contre la propagation de la maladie et assume sa responsabilité sociale,
  • que des messages aient été envoyés aux bénéficiaires et que des procédures soient mises en place pour répondre à leurs questions,
  • que, le cas échéant, les mesures soient prises pour assurer un service minimum pour certaines catégories de bénéficiaires vulnérables,
  • que toutes les idées soient les bienvenues pour imaginer le maintien du service durant cette période,
  • qu’une ouverture à de nouvelles occupations soit possible.

Etre un soutien pour les individus

En tant que responsable, au-delà de la communication officielle, il est important de garder le contact et de rester disponible pour les collaborateur·rice·s, particulièrement pour ceux dont le télétravail n’est pas une habitude ou pour qui les tâches sont plus difficiles à organiser dans ce mode. Demander comment cela se passe et souhaiter une « bonne journée » est un premier pas qui amènera un·e travailleur·euse à manifester un inconfort ou solliciter un conseil par rapport l’organisation de son travail.

Une autre façon de faire est de revoir les objectifs en soulignant leur utilité. Il est porteur de marquer l’apport pour le bénéficiaire final. Rien de pire que d’imposer des tâches qui n’ont pas de sens dans une période durant laquelle les repères habituels sont bousculés. Il est aussi important d’adapter les résultats attendus et de les fixer en concertation avec chaque travailleur·euse, en fonction des urgences et des moyens qu’il·elle a à disposition pour les mettre en œuvre.

Cette période peut aussi être mise à profit pour inviter vos collaborateur·rice·s à faire ce qu’ils·elles n’ont jamais eu le temps de mettre en route, de se plonger dans un bouquin ou un article pour acquérir de nouvelles compétences ou pour suivre une formation à distance ou un webinaire.  

Pour les fonctions plus techniques ou manuelles, il n’y aura pas toujours de solutions.

Etre le moteur de la cohésion

Dans cette période singulière de confinement, cela demandera d’être inventif·ve sans être intrusif·ve.

Vous pouvez par exemple lancer des partages de pratiques : « Et vous, quelles astuces avez-vous mis en place pour vous adapter à la situation ? », « Quel est votre moyen favori de faire une pause ? ». Pourquoi ne pas essayer de favoriser les échanges plus ludiques en proposant de prendre un selfie dans votre espace de télétravail ?

Profitez également de toutes les richesses présentes au sein de votre équipe. Maintenir la cohésion d’équipe est souvent l’une des missions confiées au·à la responsable ; sa mise en pratique est,-elle, une affaire d’équipe dans laquelle un·e responsable a avantage à être soutenant·e et coopérant·e des initiatives prises par ses collègues. C’est aussi le moment de tester des espaces d’échanges en ligne, gratuit comme un framatalk, zoom.us ou des groupes whatsapp qui peuvent aisément permettre les échanges en vidéoconférence. Ils peuvent être utilisés pour continuer le travail mais aussi tisser autrement du lien.

Enfin, valorisez le travail effectué en soulignant différents aspects : la bonne volonté de tous·tes, la réactivité, les processus innovants mis en place, les résultats obtenus. Cette valorisation donne un sens à l’investissement personnel et permet de relier l’action des uns et des autres.

A nouveau, il peut y avoir des formats très variés qui passent notamment par la force des symboles. Internet regorge de gif, d’images rigolotes ou poétiques qui vous permettront de donner de la légèreté à vos échanges.