Secteur associatif : gardons une approche long terme des politiques compétences

9 février 2015

Le poids du secteur associatif dans l’emploi et l’économie est croissant. Le secteur doit faire face à des enjeux variés en termes de compétences: professionnalisation, adaptation à l’évolution des métiers ou des réalités des bénéficiaires. Cela passe par un accès à des moyens humains et financiers en relation avec la demande de la collectivité en termes de services et une capacité du secteur à (se) mobiliser.

Depuis 2012[1], un sentiment de dégradation de la situation économique et des moyens mis à disposition du secteur associatif est perçu.  Il se renforce et se propage également auprès des grandes et très grandes associations. C’est un des enseignements clés du baromètre réalisé pour la Fondation Roi Baudouin.  Un changement dans les politiques de financement des associations n’est pas étranger à ce phénomène.  Le secteur doit faire face à une diminution de l’attribution de subsides permanents de la part des pouvoirs publics et une augmentation du mécanisme de financement par appels à projets, tant de la part d’opérateurs publics que privés.

Ceci a des implications fortes sur les politiques de recrutement et de gestions de compétences.  Le processus d’appels à projets implique un emploi lié à la durée du projet et l’engagement de travailleurs directement efficaces sur le terrain.  Notons aussi le besoin de temps et de compétences spécifiques liées à la recherche de subsides et une complexité plus grandes dans la gestion des institutions. S’en suit une bureaucratisation où rechercher des fonds devient un métier et le temps consacré à la gestion administrative augmente au détriment de l’action de terrain.

Le baromètre de la Fondation Roi Baudouin relève que diverses solutions sont envisagées par les associations, quelle qu’en soit la taille, pour faire face au tarissement des moyens financiers : réduction du temps de travail, réduction des horaires de prestations de l’association, gel des dépenses en personnel, recours au bénévolat et licenciement.

La question des besoins en compétences est donc cruciale pour permettre à l’association de lancer de nouveaux projets tout en restant active sur sa mission centrale.

Des outils tels que les entretiens de fonctionnement, l’identification des (besoins de) compétences individuelles et collectives ou encore des descriptifs de fonctions sont très utiles pour inscrire l’institution dans une approche cohérente et durable des savoirs, savoir-faire et savoir-être nécessaires au développement durable de la structure[2].

Notes & références

  1. [1] La Fondation Roi Baudouin réalise chaque année depuis 2010 un Baromètre des associations.  L’objectif est d’observer dans quelle mesure la crise et la conjoncture économique influence le fonctionnement des associations ? 

    Ce baromètre se base sur trois types de données : un sondage auprès des associations ; des entretiens qualitatifs ; une analyse des comptes annuels déposés par les associations auprès de la Banque Nationale de Belgique. Les questions portent notamment sur les éléments suivants : l'impact de la conjoncture économique sur les revenus et dépenses des associations, l'impact de la conjoncture économique sur la stratégie des associations et la confiance en l’avenir.  Vous pouvez aussi consulter le document via le lien suivant : http://www.kbs-frb.be/pressitem.aspx?id=314875&langtype=2060

  2. [2] L’organisme de formation STICS a organisé un séminaire pour fêter ses 20 ans intitulé « Histoire, héritage et transmission : comment lutter contre l’Alzheimer institutionnel ? ».  Un rapport de séminaire est disponible sur le site stics.be