Le tutorat dans tous ses états (II) : suite et fin

6 mars 2017

Dans un premier article, nous avons mis l’accent sur les différents types de tutorat, quand et comment les utiliser.  Dans ce second article, nous allons mettre en avant son inscription dans la gestion des compétences.

Des apprentissages et… bien plus

Le tutorat vise à transmettre des acquis d’apprentissages liés à une fonction.  Le tuteur est aussi passeur d’une culture, d’une approche propre qu’à la structure de cette fonction et de la manière de la mettre en œuvre.  Nommer un tuteur, c’est donc aussi reconnaitre que l’approche professionnelle de celui-ci est en cohérence avec celle de l’institution et que sa pratique a permis à l’institution d’assurer ses missions avec succès. 

A côté de sa réalité formative, le tutorat a donc une dimension de socialisation du tutoré, de reconnaissance pour le tuteur et de récolte de pratiques et d’expertises pour l’organisation.

Une action mettant en relation

L’échange et le dialogue sont des éléments centraux pour un tutorat réussi.  Ce tutorat se base sur une relation de réciprocité et non selon un sens unique, descendant du tuteur vers le tutoré. 

Cette réciprocité existe dans un contexte bien particulier, celui d’une personne possédant une compétence dont l’autre ne dispose pas (quel que soit le type de tutorat). L’expression du besoin sera  facilitée par un rapport de confiance.  Cette relation de confiance se retrouve dans d’autres moments d’expression de besoins en compétence, que ce soit lors d’une évaluation ou lors de la mise en place d’un plan de formation.

Etablir une bonne relation entre tuteur et tutoré augmente donc l’impact du tutorat.

Une inscription dans un processus évolutif

Le tutorat, comme  la formation ou l’évaluation, nécessite de poser un cadre d’actions.  Il  met en avant l’importance d’une inscription dans un processus avec des moments formels de mise en œuvre et une temporalité définie. 

Tout au long du tutorat, la relation va évoluer avec une prise d’autonomie du tutoré.  Il est important de marquer des étapes dans le cheminement.  Ils encouragent et donnent l’occasion d’observer la route parcourue.  Ils permettent aussi de poser le pourquoi de certaines pratiques, de leur donner du sens, sens qui est indispensable à leur intégration par le tutoré.

Veillez cependant à ne pas brider la créativité dans l’interaction entre tuteur et tutoré.  Des moments plus informels permettront des transmissions de connaissances ou des discussions d’un autre type.

Une exigence de compétences spécifiques

On ne s’improvise pas tuteur, tout comme on ne s’invente pas référent-formation ou évaluateur.  Le tuteur transmet non seulement des savoir-faire mais aussi leur raison d’être.  Mettre des mots sur des actes professionnels, en  expliquer le pourquoi, faire le lien entre pratique et théorie, c’est une compétence qui s’acquiert.  Des formations existent, tout comme des processus d’intervision entre tuteurs.

Preuve de la spécificité de la fonction de tuteur, cette dernière est depuis peu reconnue et une épreuve en centre de validation peut permettre d’obtenir un titre de compétence.  Faire valider la compétence d’un travailleur peut l’aider à l’appréhender avec plus d’assurance.  

Une mobilisation large

Le tutorat est centré sur la transmission entre un couple tuteur-tutoré. Cela implique une relation forte mais qui n’est pas exclusive.  Les autres travailleurs de l’équipe et de l’organisme peuvent interagir avec le tutoré.  Cela lui permettra de découvrir différentes manières d’agir et d’en parler lors des moments d’interaction avec son tuteur.

Un travail de sensibilisation des équipes et de l’ensemble des travailleurs est un gage de réussite du tutorat. 

Des procédures, écrites et réplicables

L’existence d’un « guide » ou d’un « livret » permet une meilleure implication des acteurs.  Elle rassure et pose des jalons.  A l’image d’un guide d’entretiens de fonctionnement ou d’un procédé de relevé des besoins en formation, ces documents permettent de stabiliser une pratique et d’imaginer des partages entre tuteurs d’une même institution.

La présence d’un descriptif de fonction pour le tutoré est aussi d’une grande aide puisqu’il peut participer à définir des objectifs ciblés au tutorat.

L’expérience montre aussi qu’il est important de laisser une zone d’adaptation à chaque couple tutoré-tuteur afin de ne pas brider la créativité qui peut naitre de la rencontre.

Pour conclure…

Dans les institutions où il est pratiqué avec succès, le tutorat s’inscrit dans un cadre spécifique au sein duquel différents éléments sont mis en place : des compétences spécifiques pour les tuteurs ; un objectif clair pour l’institution ; un suivi de l’action et une évaluation du tutoré en fonction d’objectifs communiqués au début du processus ;  des échanges et des feed back tout au long du tutorat…

Si vous voulez en savoir plus encore sur ce procédé, nous vous invitons à consulter les recherches réalisées par certains fonds du secteur :

Vous pourrez y trouver mille et un conseils avant de vous lancer dans l’aventure tutorat.  Le Fonds MAE a développé différents outils comme un carnet de bord concret, rempli de partages d’expériences.  Vous pouvez vous en inspirer et l’adapter aux réalités de votre organisation.  Competentia a également mis en place un atelier sur l’accueil des stagiaires.  Le retour de cet atelier peut constituer un point de départ pour votre réflexion.

Et évidement, le service-conseil reste à votre disposition pour un suivi spécifique.